Un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous
Kafka

La vie de château

Nous irons cueillir des ombres
A l’orée du jour dissolu,
Des rouges, des vertes, des jaunes
Les grises sont trop connues.

Nous ferons des bouquets de pierres
Aux sages parfums disparus,
Nous garderons celles des rivières
Celles que personne ne voit plus.

Je respirerai des fleurs fanées
Jusqu’à ce qu’il ne reste que poussière,
Porterai leurs parfums éventés
Que vienne me défier l’éphémère !

Tu parleras une langue inventée
Moitié mots, mi-cris d’oiseaux,
Bien sûr ce ne sera pas vrai
Pour les bienséants et les idiots.

Nous repeindrons les sacs poubelle
Avec nos mains comme pinceaux,
Les remplirons de bouts de chandelles
Pour éclairer notre château.

Notre château sans mur ni toiture
Où même le rien a des airs de beau
Le château de notre amour qui dure
Où même rien est un cadeau.

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