On croit aimer des gens. En vérité, on aime des mondes
Christian Bobin

Estafilade

On a empilé les rêves
Comme des œufs carrés
Ils ont des coquilles vertes
Dans les nuits dés-étoilées.

Il pleut du soleil bleu.

Face au mur
Tombent des ombres
Frêles craquelures
Du passé.

Les dentelles moribondes
N’ont déjà plus de tiroir
Pour leurs amours vagabondes
Elles pourrissent en mémoire.

S’effondre l’horizon.

estafilade

Face contre terre
S’ouvrent des tombes
Pour les silences des mystères
Egarés.

Et l’on parle aux chiens
Ils répondent en anglais
En gestes éoliens
L’homme demeure muet.

Ô fantômes du passé,

Laissez dormir les souvenirs
Aux franges de la réalité
Laissez les libres de mourir
Ou de respirer.

Une note bleue pour “Estafilade”

  1. O :

    il pleut du soleil bleu sur les rêves humides

    il y a beaucoup (trop) de souffrance dans ce poème, ou je suis peut-être trop sensible, mais il me transperce à chaque lecture

    estafilade de l’âme comme l’ouie du violoncelle

    une plaie qui ne peut se refermer, ou l’amour serait muet

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