L’écriture c’est le coeur qui éclate en silence
Christian Bobin

Contrastes

Ombres rampantes sur le marbre rose
D’un trop vieux parvis éclaté par le froid
Craquelures fanées de pétales de roses
Dans la poussière fine d’un autel trop étroit.
Sursis de ce pas qui retient sa résonance
Entre les lèvres déchirées du silence.

Ombres caressantes sur le marbre rose
D’un tout jeune visage éclatant de joie
Fragrances aériennes de pétales de roses
Dans les herbes fines d’un jardin d’autrefois.
Survit de ce pas qui égrène sa résonance
Entre les cils entrebâillés de la souvenance.

Lueurs coupables d’un bleu acier
Entre les lames d’un store vieux et déglingué.
Corps sauvages mordant le sol empoussiéré
D’un hôtel oublié sale et désaffecté.

Lueurs ineffables d’un bleu insensé
Entre les voiles d’un rideau neige et léger.
Corps envoûtés mordant la voûte incendiée
D’un hôtel à ciel ouvert sur la nuit étoilée.

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