Je t’ai cherchée et je te cherche, c’est un aveu
Mes doigts dans ta crinière, je dénoue tes cheveux
Emmêlés dans les alizés, les brises et les ouragans.
Je sais indomptable cette femme en toi, ma jument.
Ne riez pas… Ne riez pas,
Vous ne savez rien de ce creux des reins,
De cette force légère du mouvement aérien.
Je sais qu’elle est là, féminine jusqu’au sabot
Elle accepte que je monte en douceur sur son dos.
Croyez moi,
Je l’aime et je la crains, comme je crains d’être aimé
Comme je crains d’être jeté à terre tel un fétu de paille.
Je suis maître de l’instant sans maîtriser l’instant d’après.
Le retour de l’instinct, l’imprévisible faille.
Demain, je crois,
Je te retrouverai ma femme, ta flamme verte dans les yeux
Je peignerai plus soigneusement qu’une crinière tes cheveux
J’accepterai d’être à toi aveugle, sans demander mon chemin
C’est toi qui me conduiras, j’oserai lâcher les rennes pour ta main.
Vous ne riez pas ?
Peut-être alors que vous comme moi,
Vous allez sauter l’obstacle, et cesser enfin …
Demain,
Votre course folle au galop, pour faire le premier pas.