Découvrir où réside la joie, et lui donner une voix bien au-delà du chant
R. L. Stevenson

Dans la lueur mauve

Les yeux posés tout en haut du mur gris
Dans la sobre et sombre clarté d’une rosace mauve
Un homme seul murmure.

Est-il donc cet amant au cœur aigri
Dont chaque mot tendre de sa bouche se sauve
Comme un crachat sur un mur.

Pourquoi ne voit-on plus le léger papillon
Recroquevillé en lui comme une petite souris
Frêle et effrayée.

Il suffirait de deux mains en forme de cocon
Pour l’accueillir et lui donner envie
De s’ouvrir à la luminosité.

Chacun de ses mots s’arrache au silence
Dans la lueur lilas le sang de sa souffrance.

J’ai perdu la vue, la joie
Un beau matin de naïveté
Brûlé ma langue de bois
A l’incandescente réalité
De ton dernier mot
Désarticulé.

Pantin, embrassant le sol
Sous les fils de nos vies coupées
Mon âme erre à l’entresol
Mon corps n’est plus qu’une poupée
La parole broyée
Désarticulée.

Je suis tes doigts, je suis ta main
Toi lentement qui me retiens
Ta peau m’insuffle à la vie.

J’ai ta couleur, j’ai ta chaleur
Tu m’étreints, j’éteints mes peurs
Mes bras tordus au bord du nid.

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