La Poésie est au commencement de l'homme, elle a ses racines dans son destin
Pierre Reverdy

Celui qui attend

Le souffle éteint posé sur l’horizon incendié,
Le regard lisse et pur de la pierre ocre taillée,
Seul, face à la fuite fluide du temps,
Nu et froid depuis plus de mille ans
Il attend.

Jusqu’aux derniers pétales de lune pâle effacée,
Dans les premiers rayons des soleils ensanglantés,
Inconnu, sous tant de ciels épuisés qui s’effondrent,
Fier et droit pour l’ultime et précieuse seconde,
Il attend.

Les bras scellés le long du corps, enraciné à la terre,
Le torse brûlé et ouvert, esclave enchaîné à la mer,
Impuissant, le front battu par les lames salées et acides
Eternel et géant sous les morsures du silence et du vide
Il attend.

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