La Poésie est au commencement de l'homme, elle a ses racines dans son destin
Pierre Reverdy

Canicule

Au bord du vase s’évanouissent les fleurs
Perdent la tête et leur douce haleine parfumée.
L’air chaud m’entoure de ses bras lourds
M’enserre comme un étau fermé jusqu’au soir.
Il fait chaud sous le chien d’Août.

Il aboie dans la rue et le bitume pleure
En de grosses larmes grasses et moirées,
Elles profitent des badauds défiant le four
Pour s’enfuir sous leurs semelles par les trottoirs.
Il fait chaud sous le ciel d’Août.

Plus aucune voix ne ricoche sur les façades
Elles n’entrouvrent qu’à peine leurs yeux colorés
La salamandre immobile reste bouche bée
La gorge sèche au bord de la fontaine assoiffée.
L’eau manque en ce mois d’Août.

Le moindre clin d’œil d’une jolie cascade
Suffit à rassembler les nonchalants et leurs paniers
Parfois sautille derrière eux une étincelle égarée
S’en allant danser sur la chevelure jaunie de l’été.
Tout brûle sous la canicule.

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