Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté , doit commencer par leur garantir l'existence
Léon Blum

La robe bleue

Les mois passent et l’on découvre chaque jour en soulevant le rideau bleu le paysage coloré des saisons. Bientôt six ans que je goûte au bonheur de m’éveiller près de Laura. A la fin du printemps dernier j’ai enfin mis sous enveloppe « Le Monde bleu ». Puis j’ai attendu, téléphonant chaque jour que j’étais au bureau à Laura pour lui demander « Le facteur est passé ? Qu’est ce qu’il y a comme courrier ? » Si bien qu’elle avait fini par soupçonner que j’attendais quelque chose. Je lui avais juste dit « Oui, j’attends une surprise. » Elle a bien parfois essayé de me tirer les vers du nez mais j’ai bien gardé mon secret.
La semaine dernière j’ai bien cru que tout ce que j’avais mis en œuvre pour fêter notre anniversaire de vie commune allait tomber à l’eau. Et la surprise c’est moi qui l’ai eue quand samedi matin dernier j’ai enfin reçu une lettre de mon éditeur me faisant savoir que sous huitaine je recevrai un exemplaire de mon livre. J’ai vite caché la lettre sous mon tee-shirt et j’ai prié pour le recevoir avant le 23 octobre.

Et nous sommes le 23 Octobre. Ce soir, nous dînerons en tête en tête puis nous sortirons danser. Un traiteur s’occupera de tout. D’ailleurs je l’attends il ne devrait plus tarder. Il organise des dîners et se charge non seulement de préparer le repas, mais loue tout ce qui est nécessaire au décor, table, chaises, linge de table. Il embauche pour l’occasion des serveurs à domicile. J’ai mis du temps à me décider, j’ai bien pensé inviter Betty et Georges à la maison mais je voulais que mon cadeau soit un instant d’intense intimité. J’avais donc décidé de réserver une petite table d’amoureux dans un grand restaurant de Paris. Puis il y a trois jours j’ai reçu une publicité dans la boîte aux lettres me proposant les services de ce nouveau traiteur. Le restaurant le plus intime qui soit, chez soi.

Je suis posté devant la fenêtre qui donne sur la rue et je surveille. Le voilà, mais toujours pas de facteur.
J’ai quelques heures devant moi, Laura est partie faire les magasins dans Paris et ne rentrera pas avant dix neuf heures, c’est le délai que nous nos sommes donnés pour préparer chacun notre surprise. Je sais combien elle est attentionnée aux petites choses et pour rien au monde elle n’aurait voulu fêter notre anniversaire avec une « vieille robe ». Non elle voulait que je la découvre encore plus belle dans une nouvelle tenue. Je suis presque sûr qu’elle choisira une petite robe bleue.
Je guide le traiteur et les employés pour mettre en place le nouveau décor dans la salle à manger. Tout est dans des nuances de bleu et turquoise. Notre table passe dans la chambre voisine et est remplacée par une petite table ronde. Sur la nappe et les serviettes sont brodés des petits bouquets de bleuets. Sur chaque verre est gravé un bleuet aussi. Les rideaux sont changés en un clin d’œil par des tulles blancs et bleus assortis au linge de table. Deux chauffeuses larges et confortables, sont installées pas trop loin de la table avec entre les deux, un petit guéridon bleu azuré prêt à recevoir le seau à champagne et les flûtes. Le lustre laisse place à une grande étoile bleue en plafonnier et de chaque côté des chauffeuses sont installées deux lampes originales. Le pied est formé par trois comètes qui montent vers le plafond à hauteur d’homme et de chaque étoile redescendent des tulles légers bleus, blancs et turquoise qui s’envolent au moindre déplacement d’air.
Le traiteur m’indique que tous les plats seront amenés vers dix huit heures, deux serveurs prendront possession de la cuisine pour mettre au frais les vins et les plats, mettre en cuisson les préparations chaudes et enfin dresser le couvert. Tout sera prêt à vingt heures trente comme convenu.
Je suis vraiment émerveillé de toute cette organisation. Je suis tellement sûr que cela plaira à ma petite femme.
- A ce soir alors Messieurs.
- Très bien, à 18 heures.
- Attendez, il manque juste un petit détail dont nous avions convenu par téléphone. Les fleurs, je vous avais demandé une seule rose bleue au milieu d’un grand bouquet de verdure.
- Disons que nous avons choisi une rose rouge parce que…
- C’est embêtant, ma femme a toujours rêvé d’une rose bleue.
- Oui, si vous voulez, nous pouvons mettre une rose bleue en soie ou en bois.
- Non, non, je préfère une rose fraîche.
- Bien sûr monsieur, mais les roses bleues n’existent pas encore.
- Vous êtes sûr ?
- Tout à fait sûr, c’est aussi un grand rêve d’horticulteurs mais les scientifiques n’ont pas encore trouvé comment les créer.
- Oh, désolé je pensais vraiment que les roses bleues étaient juste des roses rares. Bon laissez donc la rose rouge et excusez moi pour mon ignorance.
- Ne vous excusez pas, nous sommes à votre service. A ce soir monsieur.
- A ce soir.

Chloé, Florent et trois de leurs amis sont partis hier soir pour passer le week-end dans l’Indre. « Je vous laisse en amoureux » nous a t’elle dit. La mère d’Yvan un ami de Florent leur a prêté une ancienne maison de village qu’elle loue habituellement pour les vacances d’été.

J’entends le grincement des freins d’une bicyclette. Le facteur est là. Je vole au dessus des marches d’escalier avec l’espoir au bout des ailes qu’il m’apporte enfin ce que j’attends.
- Bonjour
- Bonjour, je n’ai pas de lettre pour vous aujourd’hui …
- Rien ?
Je sens mes jambes se transformer en guimauve.
- Mais j’ai un petit colis, vous me faites une petite signature, là, en appuyant bien fort.
Et il me tend une petite liasse de trois feuillets de couleur.
Je crois que j’ai envie de l’embrasser tellement je me sens mieux d’un coup. Je me retiens il pourrait mal le prendre. Je lui donne une belle signature dynamique et légère.

Je réouvre mes ailes pour remonter les escaliers, j’ai hâte de respirer mon livre, de tourner les pages, de voir la mine étonnée de Laura, son sourire, ses larmes de bonheur. Je défais enfin le paquet. Je tiens « Le monde bleu » entre mes mains. Sur la couverture le titre se détache d’un ciel bleu avec des petits nuages blancs cotonneux. Je l’ouvre tout doucement comme si les mots à l’intérieur pouvaient se casser. Sur la première page je lis sur la droite : « Je dédie le Monde Bleu à une petite fée aux pieds nus, Laura. »
Je referme le livre, et je le rouvre à plusieurs reprises. J’imagine que je suis Laura. Je souris de son même sourire et je sens mon visage adopter ses mimiques. Je lis quelques pages, avec les gestes de Laura et je l’entends me dire « c’est beau mon amour ! ». Je suspends mes rêves dans l’attente de la réalité qui approche. Je pose mon livre sur un foulard de soie bleu et mauve pour l’empaqueter. J’avoue que je n’ai pas choisi la facilité, la soie glisse dans tous les sens. Avec un peu d’obstination, de persévérance et le concours d’un ruban jaune et or, nous avons eu raison de cet empaquetage original.
Je le dissimule soigneusement dans un tiroir du secrétaire qui se dresse dans le hall d’entrée. Il a réapparu pour l’occasion après ma petite crise de rangement de papiers sous lequel il était enseveli depuis plusieurs mois.
Je ressens à cet instant même une sorte d’angoisse mêlée de bonheur. J’ai déjà ressenti cela. Je me souviens j’avais six ans, j’attendais le père Noël au pied du sapin et il a frappé à la porte. A dix sept ans quand je cherchais vainement mon nom sur les résultats du bac, et qu’un doigt pointé et une voix dans mon dos m’avait soufflé « tu es là ». La première fois où j’ai fait le premier pas vers Laura. L’émotion n’a pas vieilli, elle est toujours aussi forte et déroutante.

Il est temps que je me fasse une beauté, non ? J’ai pris rendez-vous chez le coiffeur à quatorze heures, je vais toujours dans ce salon situé à quatre cent mètres de l’appartement, je peux m’y rendre en un rien de temps. Il ne me restera plus qu’à m’habiller et attendre Laura. J’ai gardé jusqu’à ce jour le dernier pantalon en coton et lin ainsi que la chemisette blanche qu’elle m’avait offert il y a un mois. Sans occasion spéciale juste pour le bonheur d’offrir. Plusieurs fois elle m’a demandé « Tu ne les mets pas ? Tu n’es pas bien dedans ? Ils ne te plaisent pas ? » Je lui répondais évasivement « Bien sûr que si, je les mettrai bientôt ». Je sais que Laura est très sensible au fait que je porte ses cadeaux.

Devant le miroir chez le coiffeur, je me revois quand j’ai failli jeter mon manuscrit dans la poubelle. Je ne sais pas d’où m’était venue cette idée saugrenue. Bien des fois j’ai fait le rapprochement entre les absences de Laura au fur et à mesure que mon livre prenait forme. Mais aujourd’hui mon livre est bien là et Laura toujours pareille à elle même. Elle est très rêveuse et elle oublie toujours autant de choses. Elle voudrait tellement dire tout en même temps que parfois un mot sort à la place d’un autre. L’appartement n’est pas vraiment grand mais c’est fou le nombre d’objets qui s’y perdent, le sac à main, les clés de voiture, les chaussures. Laura tellement dans ses rêves, qu’elle se perd dans les rues qu’elle connaît. Je souris en pensant à tout ça, et le coiffeur répond à mon sourire dans le miroir. Surpris par cette sortie inattendue de mes pensées je m’empresse de lui dire « Merci, c’est très réussi ».

Dix-huit heures, pas une minute de plus, le cuisinier et le serveur sont là.
J’ai juste eu le temps de mettre de côté les CD pour ce soir. Uniquement de la musique d’ambiance où viendront se mêler nos seuls mots de tendresse et d’amour. Il ne manque plus que Laura. Je la guette de la fenêtre du salon, je ne veux pas être pris au dépourvu par son arrivée. J’ai le cœur qui bat aussi fort que le jour de notre première rencontre, je l’entends résonner jusque dans le fond de mes tympans. On dit souvent que l’amour meurt dans les habitudes du temps qui passe. Mais pas le nôtre. J’en suis certain, il sera éternellement vivant. Je repasse mon petit scénario d’accueil dans ma tête. Mais rien de ce que j’imagine ne pourra égaler l’intensité de la réalité.

Dix-neuf heures trente, Laura n’est pas encore là. Elle aura trouvé un peu de circulation. Si elle était perdue elle m’aurait appelée de son portable « Au secours mon amour ». L’attente me paraît interminable, je pourrais l’appeler, mais si elle est au volant je crains qu’elle ait un accident en essayant de décrocher. Je passe à la cuisine pour humer les bonnes odeurs et discuter un peu avec les employés. Ils m’apprennent qu’ils sortent tous deux de grandes écoles hôtelières et ne trouvant pas d’emploi, se sont associés au traiteur. Ils recherchent à offrir un service de qualité digne de leurs compétences. Je leur souhaite de réussir car jusqu’à présent je n’ai rien à redire sur leur prestation.

Vingt heures, je ne sais pas vraiment ce que je dois faire. Je m’excuses auprès des employés mais ils me rassurent « Tout va bien. Nous donnerons une dernière cuisson juste au début du service ».
Je m’approche du téléphone. Je suis décidé cette fois à appeler Laura. Au moment ou je tends la main pour décrocher le combiné, un driiiing ! retentit.
Je l’attrape avant même la fin de la première sonnerie.
- Laura ?
De l’autre côté du fil c’est une voix d’homme qui me répond.
- Non … Vous êtes bien Monsieur Fresnel ?
- Oui, mais qui êtes vous ?
- Je vous appelle à propos de Madame Fresnel, c’est bien votre épouse ?
- Oui, oui mais qu’y a t-il ?
- Rien de grave monsieur, ne vous inquiétez pas. Votre femme est ici au commissariat central d’Evry.
- Au commissariat ? Mais pourquoi ? Elle a eu un accident ? Elle est blessée ?…
- Monsieur Fresnel, c’est un automobiliste qui nous a averti avec son portable. Votre épouse était au milieu d’un rond point elle gesticulait en criant qu’elle était perdue au risque de se faire renverser. Il a réussi à la calmer en lui disant que des policiers allaient venir l’aider. Nous sommes donc intervenus. Nous avons trouvé vos coordonnées dans son sac à main. Vous devriez venir la chercher. Elle semble ne se souvenir ni qui elle est ni où elle va. Elle ne se rappelle plus si elle a de la famille ou pas.
- Au commissariat d’Evry vous me dîtes ?
- Oui monsieur, nous vous attendons, ne vous inquiétez pas elle est entre de bonnes mains.
- Merci, j’arrive. J’appelle un ami pour me faire accompagner. A tout de suite.

Je suis abasourdi. Je ne sais pas si tout est réel. Je voudrais me réveiller de cet horrible cauchemar. Il faut que je me ressaisisse, que je fasse vite. J’appelle Georges et Betty.
- Allo! Betty ?
- Oui Steph ? Quelque chose ne va pas ? Tu as une drôle de voix ?
- Betty, il faudrait que toi ou Georges m’ameniez d’urgence au commissariat central d’Evry. Laura m’attend, elle ne va pas bien.
- Oui, bien sûr ! Rien de grave au moins ? Elle n’a pas eu un accident ?
- Non, non rien de cela, elle s’est perdue.
- Bon on arrive, tu nous expliqueras tout ça dans la voiture.
- Merci à tout de suite.

Je retourne dans la cuisine pour congédier le cuisinier et le serveur « Je m’excuse, et je vous remercie pour votre patience. Vous pourrez revenir demain après-midi comme convenu pour remettre tout en ordre. Je suis content de votre service et vous promets de refaire appel à vous plus tard. Il est arrivé quelque chose à ma femme, je dois partir. »
Sans me poser plus de question et dans la plus grande discrétion, ils s’éclipsent en me glissant juste un « Au revoir monsieur, à demain ».

Georges et Betty n’ont pas mis plus d’un quart d’heure. Je les attendais sur le trottoir. Nous partons aussitôt vers le commissariat.
- Sais tu ce qui c’est exactement passé Steph ?
- Non pas vraiment Betty, je n’en sais pas plus. C’est de ma faute, c’est à cause du livre.
- Quoi ? Quel livre et pourquoi ce serait de ta faute ?
- C’est compliqué Betty, tu ne me croirais pas. Plus tard si tu veux, je te raconterai tout ça plus tard.
Je la vois tourner la tête vers Georges qui n’avait rien dit, les sourcils en accent circonflexe. A présent Betty n’ose plus me poser de question. Nous roulons dans notre silence pesant ou seul s’exprime le moteur de la voiture.

Nous y sommes. Je sors de l’auto et laisse Betty et Georges aller se garer.
- Vous me rejoignez ?
Ils me répondirent en cœur : « Oui, nous arrivons ».

C’est en courant que je passe l’entrée du commissariat.
Je me présente à l’accueil. Je cherche Laura du regard, je ne la vois pas.
- Bonjour monsieur, c’est pour quoi ?
- Je suis Monsieur Fresnel, je viens chercher ma femme Laura. C’est vous qui m’avez appelé.
- Oui, je suis au courant. Vous avez une pièce d’identité.
- Je ne sais pas. Euh ! oui j’ai mon portefeuille.
Elle regarde ma carte, me compare à la photo et commence à noter sur un cahier quelques informations. Je suis sur des charbons ardents, je ne comprends pas que l’on me fasse attendre plus longtemps.
- Madame, je voudrais voir ma femme.
- Oui, suivez moi, elle est avec le commissaire dans son bureau.
Je la suis comme un robot dans un petit couloir sombre et poussiéreux.

- Entrez.
- Laura ? Laura tu es là ? Que t’arrives t’il ma chérie ? Ma puce tu n’as rien ? Tu vas bien ?
Elle est assise devant le bureau du commissaire. Elle se retourne et me regarde d’un air absent. Je m’approche pour la serrer dans mes bras et l’embrasser. Elle se lève de sa chaise et recule d’un pas, sans un mot.
- Monsieur, monsieur Fresnel, me dit le commissaire en se levant pour me serrer la main.
- …
- Monsieur Fresnel, écoutez moi. Votre épouse semble ne plus se souvenir de rien. Asseyez vous je vous prie.
Je m’assois et je l’écoute. Je n’arrive pas à détacher mes yeux de Laura. Ma Laura qui ne me reconnaît pas.
- Monsieur Fresnel, vous devriez amener votre épouse en observation à l’hôpital psychiatrique. Je vais vous mettre en relation avec un médecin pour qu’il vous reçoive aussitôt.
Je détache lentement mon regard de Laura et me tourne vers lui. J’ai l’impression d’être une statue de plomb.
- Mais que lui est-il arrivé ?
- Un automobiliste nous a prévenu qu’une jeune femme dans une robe bleue criait et essayait d’arrêter les voitures. Elle dit qu’elle a perdu la porte du monde et qu’il faut l’aider à rentrer.
Laura fait alors un pas, revient s’asseoir en murmurant : « J’ai perdu la porte, je suis perdue, je veux rentrer ».
- Mais non Laura, ma chérie, tu n’es pas perdue je suis là.
Laura ne répond pas, elle est au bord des larmes. Elle porte une petite robe bleue que je ne lui avais encore jamais vue. Elle voulait me faire une surprise. Elle a mis sa robe neuve avant de rentrer à la maison. J’ai des larmes qui naissent aux coins des yeux.
- Monsieur Fresnel ?
Je me racle la gorge d’un Hum Hum avant de répondre tant je suis noué.
- Oui ?
- Je pense sérieusement qu’une visite chez un médecin s’impose. Voulez vous que j’appelle une ambulance ?
- Oui merci.
- Connaissez vous quelqu’un qui puisse ramener votre véhicule. Il est garé sur le bas côté de la route, il serait judicieux de le déplacer.
- Oui, j’ai des amis, ils sont ici. Ils vont s’en occuper, je vais les avertir immédiatement.

Le commissaire me donne le sac à main de Laura. Je prends les clés. Georges et Betty m’attendent à l’entrée, je leur explique en quelques mots la situation. Ils s’occuperont de la voiture et viendront me la déposer sur le parking de l’hôpital.
- Nous t’appellerons sur le portable de Laura pour t’indiquer où elle est garée. Tu nous donneras des nouvelles. Puis, ne reste pas seul. Si Laura doit rester à l’hôpital tu viens à la maison. »
- Merci Betty, merci à vous deux.

Quand je reviens dans le bureau du commissaire, il a déjà fait le nécessaire.
- Une ambulance sera là d’une minute à l’autre me dit-il. Il me tend un petit carton sur lequel il a inscrit le nom d’un médecin.
- Tenez, vous avez rendez-vous avec le docteur Smith-Hart. Il est au courant. Il vous attend.

Les notes bleues sont fermés.