C’est un jardin défait
Depuis plus de mille ans
Tout débraillé aux quatre coins.
Brins d’herbe haute entremêlés
Coiffés par le sens des vents,
Chevelures si profondes
Que les ombres s’y noient dedans.
Sous un ciel déchiré
Tout effiloché à l’horizon
Milliers de lambeaux absorbés
Par la peau sèche du ventre rond
Au loin, d’une terre en friche.
Une mosaïque craquelée
Où s’étiolent les colchiques.
Dans le faux silence
Des murmures diluviens
Des ongles arrachent à la terre
Les chevelures et les ombres
Pour voir fleurir des cailloux
Des mots sous la peau du jardin
Tombés d’un homme à genoux.