Assez curieusement, ce théorème martelait le crâne de Frédéric. Il se souvenait vaguement de cette notion… De quel cours faisait elle partie, déjà ? Sa mémoire lui faisait défaut. A quelques exceptions près, elle fuyait en même temps que la vie quittait son corps. Son corps, percé de mille parts. C’était drôle, il ne souffrait pas. Combien de coups avait-il reçu ? Quinze ? Vingt ? Le légiste allait en dénombrer vingt-trois. Peu importait finalement, pour l’heure, seul lui importait ce qu’il voyait : Ces objets disséminés, abandonnés, çà et là… Disloqués, amputés, brisés… Ils finissaient leur vie dans cette décharge. Comme Frédéric y finissait la sienne.
Quelques bribes lui revenaient, éparses… Il s’était réveillé, l’esprit cotonneux, barbouillé du trop d’alcool de la veille. Il s’était laissé tomber sur son lit et y avait cuvé son trop plein de whiskey. Le réveil renseignait 14:12. Son T-shirt, maculé de sang était roulé en boule sous sa tête. Il s’était levé, avait rassemblé jean, t-shirt, draps souillés et avait brûlé le tout dans le jardin. Il avait ensuite mangé des oeufs au lard et il était sorti. Il comptait rencontrer Patrice et Michaël, ils devaient se mettre d’accord sur ce qui s’était passé la veille.
Il ne se mettrait plus jamais d’accord avec personne…
Un groupe de boliviens lui étaient tombé dessus sans qu’il puisse prévoir l’attaque, l’avait embarqué dans une voiture et l’avait traîné ici, dans cette décharge publique.
L’eau des rivières rejoint la mer, la mer s’évapore et, en s’évaporant, elle forme des nuages… Les nuages finissent par se transformer en pluie qui rejoint les nappes phréatiques… Celles-ci se répandent dans des ruisseaux qui rejoignent des rivières… Quelquefois, les rivières drainent des pétales.
-“ Ici, tu seras dans ton élément…” Seuls mots que les boliviens aient prononcé avant de le larder de coups de couteau.
- “Tu me reconnais ? Je suis le frère de Pablo. J’espère que tu vas crever très lentement”.
Lorsque t est le temps… Lorsque t est le temps… Qu’est-ce qui venait ensuite ?
Lorsque t est le temps…