Un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous
Kafka

Reboisement

Troncs jaunes en rangs d’oignons
Repeuplent le regard des hommes
Effacent lentement les moignons
Calcinés, d’une forêt monotone.

Sous mes paupières,
Loin des yeux du monde,
Une petite fille danse dans mes nuits.
Elle ne sait rien des cimes tombées en poussière,
De la suie, de la cendre, de la boue, des ornières.
Sous les bras verts pleins de vent elle rit.
Elle apprend des airs de ronde.
C’était hier …

Mais aujourd’hui,
Arbres d’ailleurs, grandiront ici
Pour graver la mémoire des enfants
Cacher les premiers amours interdits
Et faire pleurer les vieux amants

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