Ouverture
Inventaire sommaire d’une vie.
La main referme lentement le regard confiné dans d’obscurs recoins, le couvercle de la boite claque dans un ultime battement de paupières.
- Il faudra songer… la voix s’éteint en pensée monocorde.
- A quoi ?
- Je ne sais pas… Peut-être à tout ça… dit la voix.
Tout ça, inventaire sommaire se résumant à rien, échafaudage remisé dans l’oubli des possibles, décharge à ciel ouvert dans une zone d’humanisation périphérique, rocade arcade décade, une vie.
Résumée à l’espace qu’elle occupe, superficie, volume, Pi. Soumise aux constantes qui l’embrasent ou l’écrasent. Intégrale d’un mouvement en perpétuelle équation. Contrainte à l’exigence d’un cadre, d’une armature. La vie.
Celle-ci, poussiéreuse comme la boîte à fil qui la protégeait de la curiosité insolente du temps. Celle-ci, embaumée dans l’essence même de la mémoire. Celle-ci, rendue à l’espace. Celle-ci soudainement se retrouve empreinte du temps.
- On aurait pas du ouvrir… s’étouffa la voix.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas… Que va-t-on faire avec …
- Jette la au feu ! Ca ne vaut rien tout ça.