J’irai dépoussiérer les ombres immobiles
Sculptées par le temps au dos d’un paravent.
Redonner au corps le mouvement gracile
Et le flou permanent des longs gestes lents.
Il suffira
D’un souffle nouveau sur la rouille des mots
D’une main toute neuve sur les pages aïeules.
Je noircirai un peu plus le trait au stylo bille
Des lettres effacées par la gomme et le vent
Rallumerai lentement le contre jour qui maquille
Les courbes d’une femme sous un œil aimant.
Ferme les yeux, souviens-toi …Le paravent.
Paysage à demi voilé, ombre à demi dénudée
Dans le flou artistique, sous les yeux mi-clos
Elle dessine et tu imagines dans la timide clarté
Une femme se déshabille lentement à demi mots.
Brûle le désir, le deviner, le retenir, doucement l’offrir.
Ombres chinoises, translucides ensorceleuses
Divines apparitions aux courbes vaporeuses
Elles dansent et tu délires au rythme de ce corps
Illusions aériennes, insaisissables, elles s’évaporent.
Ouvre à présent les yeux, lis et relis le paravent
Réécrit, il vibre à nouveau enivrant et vivant
A l’instant bleu et pour mille ans certainement.